Abbatiale de Moutier-d'Ahun
Des boiseries baroques dans une église sans nef
Un monastère bénédictin fondé en 997, dont la nef a disparu. Ce qui reste, c'est le chœur, et dedans un ensemble de boiseries sculptées de la fin du XVIIe siècle.
L'histoire est celle d'une longue destruction. Fondé en 997 par le comte de la Marche, le monastère est reconstruit en gothique à partir de 1489, puis pillé et incendié pendant les guerres de Religion en 1591. Vingt ans d'abandon, pendant lesquels les pierres servent de carrière. Des moines reviennent en 1610 et rebâtissent de 1612 à 1648. En 1788, le roi supprime l'ordre. En 1790, vente comme bien national.
Ce qui a survécu, ce sont les boiseries, exécutées en deux campagnes, de 1673 à 1674 puis de 1678 à 1681, par un sculpteur venu du Puy-de-Dôme. Un retable à colonnes torses, vingt-six stalles, un jubé, un lutrin, un Christ à double face. En chêne, et intégralement en place.
À la Révolution, on les a badigeonnées de blanc. C'est un curé, en poste de 1904 à 1963, qui les a dégagées.
Là où était la nef, il y a aujourd'hui un jardin de tilleuls. On visite donc le chœur d'une abbaye dont l'église a été rendue au ciel.
Ouvert de mai à septembre. Les tarifs diffèrent selon les sources : appelez avant.